Arrêter de fumer : une épreuve psychologique

Fumer tueUne dépendance, quelle qu’elle soit, est une traduction matérielle d’une faiblesse psychologique.

Nous acceptons en effet qu’une substance prenne le contrôle de notre état d’esprit et l’admettons comme composante de notre « bien-être » .

Sans cette dernière, nous avons l’illusion de ne pas être tout à fait nous-mêmes, comme s’il nous manquait quelque chose pour nous épanouir.

Lorsque nous sommes amenés à nous passer du produit en question, les symptômes du manque se concrétisent alors dans plusieurs domaines : au niveau de nos interactions sociales d’abord, de par le développement de l’irritabilité, mais aussi au niveau de l’état d’esprit (augmentation du stress, perte de focus…) ou de notre physique (sueurs froides, notamment).

Dans ces conditions, il ne paraît pas toujours évident, voire pertinent, de prendre la décision d’arrêter de fumer, et plus important encore, de l’assumer.

La plupart des gens ont en effet cette impression inconsciente que le danger n’est que relatif ou pire encore, qu’ils sont tout à fait prêts à en assumer les conséquences.

Avez-vous déjà vu une personne atteinte du cancer des poumons, sur son lit de mort ?

Certainement pas, sinon vous ne réagiriez pas de la sorte, croyez moi.

Mais alors comment faire ?

Comment arrêter de fumer, quand ce mécanisme semble prendre une place considérable dans notre quotidien, au point d’impacter notre adaptabilité vis-à-vis de notre milieu ?

Peut-on réellement s’appuyer sur sa psychologie, sur une prise de conscience pour éviter de se ruiner la santé ou doit-on se rendre à l’évidence que la médecine et les produits de substitution qu’elle propose sont les seuls outils valables pour arrêter de fumer ?

Quelles sont les pistes à favoriser ?

Avant de nous lancer dans la réflexion du jour, j’aimerais préciser que cette dernière est personnelle. Elle n’engage donc que moi.

Ceci étant établi, la subjectivité est un prix plus qu’abordable si elle permet de prendre conscience des enjeux liés à cette situation.

Arrêter de fumer n’est pas une épreuve minime, c’est une nécessité, une question de vie ou de mort.

Vous pourrez questionner ma légitimité à vous pousser dans vos retranchements, c’est un fait.

Mais cette démarche de partage émane du fait que j’ai moi-même fumé pendant près de 10 ans avant d’arrêter, du jour au lendemain, voilà de cela 3 ans.

J’espère donc pouvoir stimuler des réactions positives, même si la tâche s’annonce ardue.

1. Arrêter de fumer grâce à une prise de conscience

Si vous suivez quelque peu les productions de Réussite Personnelle, vous savez que j’aborde souvent l’impact de la création de listes sur notre psychologie.

Elles permettent de nous familiariser avec certains phénomènes, des émotions particulières, et d’en assimiler la portée sur notre état d’esprit (d’où leur nécessité lors de mise en relief d’objectifs personnels ou d’une relativisation d’un état dépressif grâce au journal émotionnel par exemple).

Cette impulsion matérielle permettrait alors de stimuler notre motivation individuelle et de donner corps à une réflexion pouvant nous amener à prendre des décisions importantes.

Et comme vous le savez, pour arrêter de fumer, il faut pouvoir se convaincre que c’est la meilleure des choses à faire.

La manœuvre proposée est simple : commencez par créer un tableau à deux colonnes.

Dans la première, vous répertorierez, de manière honnête, tous les motifs de satisfaction que vous pourrez trouver dans le fait de fumer :

« Réduction du stress » , « impression de contenance vis-à-vis des autres membres de votre environnement » , un goût agréable, l’opportunité d’avoir du temps pour vous…

Dans la seconde, au contraire, vous relèverez les points noirs liés à cette addiction :

Nocivité pour vous et votre entourage, impact du regard d’autrui (notamment au travail), mauvaise odeur du tabac froid dans votre lieu d’habitation, dégradation de votre hygiène (jaunissement des dents et des ongles, dégradation de l’état des cheveux…).

Comment cette liste peut vous aider à arrêter de fumer ?

Tout simplement en favorisant une prise de conscience : ce ne sont pas des conseils extérieurs, souvent inutiles, qui influencent votre réflexion.

C’est de votre propre chef que vous décidez d’établir une comparaison entre les aspects positifs et négatifs de votre addiction pour en évaluer l’intérêt et la portée.

Une seconde liste, encore plus importante, devra ensuite être préparée : cette dernière regroupera toutes les raisons qui pourraient vous faire penser qu’arrêter de fumer sera une épreuve difficile, un véritable challenge.

Du plaisir procuré par la cigarette, à sa capacité à diminuer votre niveau de stress en passant par la reconnaissance du pouvoir addictif de la nicotine…

Le but? Anticiper les obstacles à surmonter afin d’être prêt à les combattre, sans trouver d’excuses pour retomber dans vos travers.

Un ennemi identifié est toujours moins difficile à vaincre.

Le mécanisme décrit ici repose sur une certitude : la planification et l’introspection rendent la formulation d’objectifs plus efficace et favorisent leur accomplissement.

2. Arrêter de fumer en s’intéressant à la rapidité de potentiels résultats

Arrêter de fumer dépend évidemment en grande partie de votre motivation personnelle et de votre volonté d’améliorer vos conditions de vie.

Il paraît donc important de stimuler ces deux facteurs.

Et quoi de plus efficace que la mise en relief de futurs résultats et de la satisfaction personnelle qui leur est liée ?

À ce titre, c’est l’aspect biologique qui nous intéressera.

Quelques faits incontestables pourront alors peser sur votre décision.

  • Arrêter de fumer provoque une diminution du rythme cardiaque, vérifiable moins d’une heure après la prise de votre décision.
  • Arrêter de fumer permet de faire revenir le taux de monoxyde de carbone à un niveau normal, dans les 15 heures suivant votre décision.
  • Une amélioration du fonctionnement des fonctions respiratoires et une réduction des risques de crise cardiaque sont à noter dans les 3 mois après avoir décidé d’arrêter de fumer.
  • Arrêter de fumer permet de réduire les quintes de toux et le souffle court, dans un délai allant de 1 à 6 mois.
  • Au bout de 10 ans, vous aurez réduit de moitié les risques de cancer de poumon, de la bouche, du pancréas, de l’œsophage, des reins et de la gorge.

3. Arrêter de fumer en laissant parler votre corps

L’un des meilleurs moyens de se rendre compte de l’impact de cette mauvaise habitude (et de la combattre), réside sans conteste dans la propension à mettre en valeur vos insuffisances lors d’un effort physique.

En faisant de l’exercice, vous vous apercevrez rapidement que vos performances sont largement influencées par vos difficultés respiratoires, notamment.

Si les premières séances seront pénibles, elles vous feront aussi prendre conscience de votre véritable état de santé, et de l’importance d’y remédier.

Plus jeune, je faisais du handball, du tennis et du football… et je peux vous dire qu’après 10 ans passés à fumer, je me suis fait honte en voulant m’y remettre.

Je ne pouvais pas courir plus de 15 minutes sans avoir l’impression de cracher mes poumons.

De quoi trouver la motivation d’arrêter de fumer et de me remettre en forme.

Alors c’est vrai, cette décision peut entraîner une prise de poids ou un sentiment de manque, mais ces inconvénients sont mineurs, sachant que le sport peut très facilement les relativiser.

Le dépassement de soi est un facteur important de la stimulation de l’ego, de l’estime et de l’affirmation personnelle.

Vous fumez ? Faites un test : organisez une séance de musculation, un match de tennis, une sortie à la piscine, ou toute autre activité demandant un réel effort physique, avec des amis non-fumeurs.

Je peux vous dire que la comparaison ne tiendra pas trente minutes… vous poussant à vouloir rattraper votre retard. Et pour cela… il vous faudra arrêter de fumer !

4. Arrêter de fumer, pour de bon !

Si les parties précédentes s’intéressaient plus à la prise de conscience liée à l’importance d’arrêter de fumer, il convient maintenant de mettre à jour les moyens à votre disposition pour effectivement vous passer, rapidement, de la cigarette.

Et quitte à être franc, je ne crois pas une seule seconde que les moyens de substitution soient efficaces.

Cigarettes électroniques, cigarettes aux herbes, patchs, chewing-gums… tous ces substituts ne sont qu’une fois de plus, une reconnaissance de notre faiblesse psychologique et de notre incapacité à assumer de manière radicale nos décisions.

Pourquoi trouver une alternative à une pratique nocive ? Pourquoi ne pas simplement vouloir l’éradiquer ?

Personnellement, je me suis basé sur une notion très simple : l’esprit de compétition et des principes inflexibles.

Quand je fais une promesse, je la tiens, quoi que cela puisse impliquer. Je me suis donc juré d’arrêter de fumer, sans compromission.

J’avais un paquet de cigarettes sur moi, le jour où j’ai formulé ce vœu. Je l’ai offert à un ami (voilà un cadeau empoisonné, je l’admets).

À chaque fois que j’ai eu envie de fumer, je me disais simplement que cela représenterait une trahison envers moi-même, et que je méritais mieux que cela.

Les nerfs peuvent alors être mis à rude épreuve…  ce sera alors le bon moment pour vous concentrer sur les listes préétablies et sur les bienfaits physiques d’un tel processus.

Encore une fois, il apparaît que le pouvoir de la psychologie est largement ignoré dans un domaine où l’industrie pharmaceutique réalise des profits colossaux.

Arrêter de fumer n’est pas quelque chose que l’on peut faire de manière progressive. Cela impliquerait en effet une perte de rigueur et une potentielle acceptation d’écarts qui pourraient nous faire replonger.

Le secret ? Il n’y en a pas : il faut pouvoir se regarder dans la glace et s’avouer honnêtement qu’en fumant, on détruit le don le plus précieux qui soit : notre vie.

Se voiler la face ne sert à rien.

Il est l’heure de vous faire une promesse, de vous poser un ultimatum : s’appuyer sur une volonté de profiter de votre existence, libérée des pressions liées au tabac (et donc arrêter de fumer) ou remettre en cause votre espérance de vie, occasionnant des souffrances personnelles et collectives.

Fumer, c’est signer son arrêt de mort.

Et vous ? Avez-vous réussi à arrêter de fumer ? Par quel moyen ? N’hésitez pas à partager vos expériences à travers les commentaires ou sur le forum !

À bientôt.


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Commentaires

2 réponses à “Arrêter de fumer : une épreuve psychologique”

  1. Avatar de Blanc
    Blanc

    Bonjour,

    Je me retrouve beaucoup dans votre article.

    Seulement faire des listes et des inconvénients n’a jamais marché sur moi.

    Par contre, reconnaître le bon moment pour arrêter de fumer, et foncer avec une volonté de fer, et un moral d’acier est le moyen le plus sûr, ainsi que la conscience alerte pour repérer les manques, et faux besoins.

    Je viens d’arrêter de fumer pendant 3 mois sauf que j’ai pris du poids et suis malheureusement très fatiguée pour faire du sport.

    J’ai repris une cigarette un matin, comme ça, en ayant l’image d’une clope dans l’esprit. Obnubilée !

    J’ai voulu savoir pourquoi sans trouver.

    Le plus dur avait été fait, c’est dommage, sauf que je sais que je vais réessayer d’arrêter. Et je suis sûre d’y arriver !

    Merci à vous.

    1. Avatar de Jean-Baptiste
      Jean-Baptiste

      Bonjour Blanc.

      Effectivement, la détermination est le moyen le plus efficace qui existe. Et quand on veut, on peut !

      Bon courage à vous et à bientôt.

      Amicalement,

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