Le leadership : rouages d’un positionnement psychologique pas toujours aisé à adopter

leadershipLa notion de leadership, de capacité à donner des ordres et à être écouté, est la plupart du temps comprise comme relevant d’un vocabulaire américanisé visant à justifier la place de l’élite, de « chef » motivant, mais surtout, privilégié, aussi bien au niveau de la rémunération perçue que des avantages en nature dont il dispose alors.

Vous le comprenez bien, ce n’est pas vraiment sous cet angle que nous traiterons ce sujet de raisonnement.

Ce que nous entendons par leadership au niveau psychologique est un rôle moins limité, moins encadré par une dénomination professionnelle.

Familles, relations de couple, amitiés… les rapports de force sont partout, dans quasiment chaque interaction que nous développons, même si leur expression est relativisée par les notions de rapprochement sentimental et/ou  intellectuel.

Il n’en est pas moins vrai qu’une mère, un père, ou l’entité « dominante » d’un couple (dont le choix s’effectue par l’expérience et nécessairement par consentement mutuel) seront amenés au cours des relations mises à jour, à faire preuve d’une capacité à prendre les bonnes décisions, à fixer des objectifs communs et à motiver leurs troupes, lorsque les obstacles leur feront face.

En réalité, les dispositions psychologiques alors stimulées sont quasiment les mêmes que celles de l’entrepreneur essayant de faire adhérer ses employés à sa culture d’entreprise, améliorant ainsi la discipline générale, mais aussi la productivité de l’entité professionnelle.

Le leadership, c’est cette capacité à formuler les idées directrices, les objectifs à remplir et à faire en sorte d’être suivi par la communauté reconnaissant, au moins sur le papier, notre autorité.

Pas question ici de coercition ou de réflexion sur les effets d’un mauvais partage de l’information.

Notre but ce jour, c’est de mettre en lumière ce qui définit intrinsèquement le leadership, afin de pouvoir y avoir recours quand nous sommes amenés à le faire, en limitant l’apparition de trop nombreux conflits ou critiques remettant les fondements du principe même en cause.

1. Leadership et notion d’implication personnelle

Qui dit volonté collective d’aller dans le même sens, de renforcer l’unité pouvant exister dans un groupe, dit nécessairement partage d’une réalité de terrain, de risques et d’aléas pouvant y prendre place.

Le leadership est toujours plus facilement acceptable quand la personnalité en faisant usage s’octroie ce rôle par expérience, plutôt que par désir de domination.

Il est d’ailleurs un fait notable, que l’on remarque de plus en plus, en France ou ailleurs : les « élites » sont composées d’individus qui ne vivent pas dans le même monde que les gouvernés.

Combien de ministres connaissent le prix d’une baguette, ont déjà pris le métro une fois dans leur vie ou savent réellement ce que vivre avec le salaire minimum représente ?

Aucun, vous pouvez le considérer comme une quasi-certitude.

Résultat ?

Les masses populaires réagissent, contestent, finissent par s’ériger contre un pouvoir sans réels fondements et un système faisant du patrimoine et du niveau d’études, les justifications de l’accession à la toute-puissance (ce qui reste paradoxal tant on sait à quel point le système scolaire français reproduit les inégalités et s’oppose plus comme une barrière que comme une aide pour de nombreux enfants ou jeunes pourtant avides de connaissances).

Le leadership, pour être légitime et indiscutable, doit émaner d’un choix collectif (vous me direz, nous avons le droit de vote… reste à savoir si l’on préfère la peste ou le choléra) et faire apparaître un consensus.

Et même si dans certains groupes (comme la famille), le choix se borne à deux individus, c’est encore une fois la notion d’expérience qui prévaut.

C’est en effet naturellement qu’un enfant regardera ses parents avec amour et respect, tout comme une bande d’adolescents choisira le plus âgé ou le plus charismatique d’entre eux pour prendre les décisions.

Pour beaucoup, leadership signifie privation de libertés individuelles.

Ce n’est en réalité le cas que quand le décisionnaire manque à ses devoirs.

Car elle est bien là, la qualité principale du leader efficace : être capable de s’assimiler au groupe, d’en faire partie, pour le tirer vers le haut, de manière collective.

2. Leadership et communication ciblée

Le « pouvoir » pouvant être confié à un individu entraîne nécessairement des responsabilités.

Ce fait est vérifiable à tous les niveaux de la société et dans toutes les sphères de notre quotidien.

Il en va évidemment de même lorsqu’on aborde la notion de leadership.

Le fait d’être en charge d’une communauté, de la plus restreinte à la plus large, implique donc une aptitude à prendre en considération les désirs et besoins individuels, puisque ces derniers concourent à la définition de l’intérêt général.

La cohésion, le soutien, le partage sont des valeurs qui découlent de l’échange et de la défense d’idées et d’objectifs communs.

Empathie, écoute active, réactivité et flexibilité sont alors des composantes du leadership, tant l’étanchéité psychologique pourrait créer une barrière entre l’autorité et les personnes y étant confrontées, faisant perdre au groupe toute cohérence et motivation.

Et si les traitements de faveur seront étudiés au cas par cas, ils seront justifiés par le contexte et les difficultés personnelles rencontrées.

En vérité, le leadership repose aussi sur une capacité à se mettre dans la peau des personnes pouvant rencontrer des problèmes et à favoriser l’ouverture d’esprit et le dialogue, au profit de la rigidité.

Dans ce contexte, seule la communication aide à cimenter une union collective, permettant au final de braver les risques et les dangers rencontrés par cette dernière lors de son évolution à travers son environnement.

Un groupe uni est un groupe où chaque individu est serein, peut s’épanouir selon sa personnalité, dans le respect de certaines normes et règles de vie en société.

3. Leadership et liberté individuelle

Que cela soit dans une famille, un groupe professionnel ou dans un cercle d’amis, le leadership repose sur la possibilité offerte à chacun des membres de s’exprimer et de voir son point de vue être pris en considération.

C’est justement cette tendance à ne pas imposer le poids d’une autorité indiscutable qui permet aux membres d’une entité collective d’accepter la contrainte et les obligations liées à l’interaction.

Pour que chacun accepte son rôle, il doit savoir ce qu’il a à gagner, comment il peut l’obtenir et se voir fixer des objectifs réalisables, qui seront mis en valeur, félicités, remarqués, lorsqu’ils seront atteints.

D’un point de vue personnel, la personne en charge du groupe devra donc baser sa vision de la cohésion sur la confiance et l’autonomie, laissant à chacun la liberté dont il a besoin pour faire ses propres expériences, commettre ses erreurs et forger ses propres succès, qui bénéficieront au plus grand nombre.

Plus la logique du leadership est axée sur la contrainte, moins elle sera respectée, amenant les individualités à lutter pour faire valoir leur besoin d’affirmation personnelle et à mettre en relief la dureté du traitement reçu.

C’est le principe des manifestations et autres expositions du mécontentement d’une population face aux décisions des élites, jugées inégalitaires ou inappropriées (CPE, guerre en Irak, allongement de la durée du travail…).

D’un point de vue psychologique, le leadership est donc compris comme une aptitude à prendre les rênes, à fixer un cadre d’évolution à une population donnée, mais sans jamais renier son bien-être ou son désir d’épanouissement.

Bien entendu, cela est un idéal, tant les aléas d’un environnement peuvent amener un groupe à se fractionner, à faire émerger des sujets de discordes, de conflits, qu’il sera alors difficile de mettre à plat à travers un climat serein et en satisfaisant chacune des parties prenantes.

Objectivement, le leadership requiert donc l’adoption d’une certaine confiance en soi, d’une volonté de s’impliquer et de s’ériger en tant qu’exemple pour la communauté concernée (en respectant soi-même les règles fixées, notamment), et de trouver l’équilibre entre désirs, potentiels personnels et intérêt général.

Tout un programme donc !

Qu’en est-il pour vous ? Comment percevez-vous le leadership ? Comment le mettez-vous en action ? Vos réponses sont toujours appréciées !

À bientôt !


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