Vivre sans travailler : comment y arriver ?

vivre sans travaillerVivre sans travailler, certains l’ont fait.

Parce qu’ils en ont eu assez de vivre une vie rythmée par les lois de l’entreprise et des marchés, parce qu’ils ont eu besoin de temps pour se consacrer à une cause ou une passion, ou tout simplement parce qu’ils se sont fait à l’idée qu’ils ne retrouveraient plus de travail et qu’ils ont décidé d’arrêter de se battre sur un marché de l’emploi agonisant, de plus en plus de personnes font le choix d’une vie sans travail.

Mais cela est-il réaliste ou éthique ? Peut-on construire une société qui ne tournerait plus autour de la question du travail ou de l’emploi ?

Certains le pensent et proposent même des solutions…

Vivre sans travailler : un tabou dans notre société

Lorsque l’on parle de vie sans travail, beaucoup de voix se lèvent.

Les personnes qui assument de vivre sans travailler sont souvent traitées d’assistés, de lâches, de personnes non productives ou inutiles.

En fait, tout cela n’est qu’une question de perception et est très culturel.

Les sociétés occidentales ont quadrillé de manière très formatée notre rapport au travail.

L’âge auquel nous allons à l’école, nous étudions, nous commençons à travailler, nous pouvons partir à la retraite, le nombre d’heures travaillées par semaine, le nombre de semaines de vacances auxquelles nous avons droit ou les jours de la semaine durant lesquels nous devons nous reposer, tout cela est défini pas des règles que nous avons intégrées.

Dans certaines cultures, le travail rémunéré n’est pas une fin en soi, et n’est pas imposé à tout le monde. Il est rationalisé au sein d’une communauté ou d’une famille pour s’assurer d’avoir suffisamment pour vivre.

Vivre sans travailler ou la contrainte du chômage

Nous en avions rêvé, il est arrivé, ce monde où tout ou presque est fait par des robots, où l’aspirateur se passe tout seul, où nous achetons nos billets de train sur notre téléphone portable plutôt que de faire la queue à la gare, où les voitures se préparent à se conduire toutes seules et où les distributeurs automatiques nous permettent de retirer de l’argent même la nuit.

Seulement, le remplacement de l’homme par la machine ne fait pas que des heureux. Pourtant, la montée du chômage est en partie due à ce temps libéré.

De plus en plus de personnes assument leurs périodes de chômage, de préretraite forcée ou le fait qu’elles vivent grâce à des aides sociales, et interprètent ces situations comme une nouvelle forme de répartition des richesses et du travail dans des pays qui ont de moins en moins besoin d’êtres humains pour créer de la richesse et faire tourner leur économie.

Ce modèle d’oisiveté assumée est loin d’être une aberration. Certains économistes ou politiques ont même imaginé de le rationaliser en voulant créer un revenu de base universel, qui serait versé à chaque personne tout au long se sa vie sans aucune condition et qui permettrait à chacun de vivre dignement sans être forcé de trouver un emploi rémunéré.

Mais avoir une activité

Les personnes qui assument le fait de vivre sans travailler avec enthousiasme sont généralement celles qui profitent de ce temps libre pour se rendre utiles en dehors du cadre d’un emploi et qui jouent ainsi un rôle dans la société.

Car le grand défi lorsque l’on quitte son emploi, c’est de savoir ce que l’on va faire de ses journées.

Si votre projet est de ne rien faire, vous finirez sans aucun doute par vous ennuyer, par vous désocialiser, peut-être par déprimer.

De nombreuses personnes ont vécu cette expérience à la perte de leur emploi, de voir l’euphorie du temps disponible laisser place à l’ennui et à la solitude.

Mais rassurez-vous, il y a mille et une manières de s’occuper intelligemment en dehors d’un bureau ou d’une entreprise.

Profitez-en pour bricoler, voyager, vous occuper de vos enfants, préparer un marathon, écrire un livre, militer pour un parti politique ou une ONG.

Les possibilités sont infinies. L’essentiel est que vous soyez actif dans un domaine qui corresponde à vos valeurs.

Le fait de ne plus aller au travail ne va pas vous rendre heureux en soi. C’est la manière dont vous occuperez ce nouveau temps disponible qui vous apportera ou non du bonheur.

Tout est question de point de vue, de la manière dont on appréhende les choses et de la place que l’on donne à son travail dans sa vie.

Beaucoup de retraités tombent en dépression au moment de quitter le monde du travail. D’autres prennent au contraire ce moment comme une libération et mettent à exécution tous les projets qu’ils s’étaient interdits auparavant.

Le tout est d’assumer sa sortie de la vie de l’entreprise pour mieux rentrer dans une nouvelle étape de son existence.

Devenez homme ou femme au foyer

Une autre manière de vivre sans travailler est de compter financièrement sur les autres membres de sa famille pour passer plus de temps chez soi à s’occuper de ses proches.

Là encore, l’important est de jouer un rôle au sein de votre foyer, en vous occupant de vos enfants et de votre maison, en bricolant, en vous consacrant aux questions administratives, en développant un projet artistique…

De manière choisie ou forcée, cette tendance a le vent en poupe. C’est le grand retour des femmes au foyer, mais aussi, égalité des sexes oblige, l’apparition des hommes au foyer.

Il ne s’agit pas pour autant d’un retour en arrière.

La grande différence est que l’on passe d’une situation subie, dictée par la morale qui voulait qu’une femme reste à la maison pour s’occuper des tâches ménagères, à une situation choisie dans la plupart des cas, dans laquelle l’un des deux parents se concentre sur sa famille, laissant plus de temps à l’autre pour s’accomplir professionnellement.

Il n’est pas rare non plus de voir des couples alterner leurs périodes de travail, soit parce qu’ils vivent des vies d’expatriés et ont des difficultés à trouver tous les deux un emploi au même endroit et au même moment, soit pour se répartir les contraintes et les bienfaits du travail salarié.

Devenir rentier : un rêve accessible

Une autre tendance qui est en hausse est la volonté de devenir rentier.

Et n’allez surtout pas penser que cela est réservé aux élites et aux nantis.

Face à l’incertitude du financement de nos systèmes de retraite, de plus en plus de jeunes travailleurs capitalisent et placent la majeure partie de leur revenu dans l’espoir de pouvoir un jour vivre sans travailler.

Et de plus en plus de personnes parviennent à être à la retraite dès 35 ou 40 ans.

Leur secret ? Mener la vie la plus simple possible, se débarrasser du superflu.

Oubliez les restos, les virées chez Ikea le samedi, la voiture à crédit, les vacances au ski ou le dernier iPhone.

S’il le faut, retournez vivre chez vos parents pour ne pas avoir à payer votre loyer.

Contentez-vous du minimum et investissez le superflu, par exemple dans de l’immobilier.

Vivez en dessous de vos moyens. Avoir moins de besoins matériels, c’est aussi avoir moins besoin de travailler.

Si l’idée de vous priver la moitié de votre vie pour pouvoir vivre sans travailler durant l’autre moitié vous semble trop extrême, rien ne vous empêche d’alterner des périodes de travail et des périodes sans travail, en alternant par exemple trois années de travail acharné et une année de voyage.

Libre à vous de rationaliser votre vie professionnelle, votre budget et vos besoins sur le long terme.

L’équation est différente chez chaque personne et vous seul pouvez la trouver.


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Commentaires

3 réponses à “Vivre sans travailler : comment y arriver ?”

  1. Avatar de Pierre
    Pierre

    Bonsoir Adrien,
    En lisant ton article sur « vivre sans travailler » je ne peux qu’y accorder du crédit.
    Tes principes sont bons et judicieux bien qu’antagoniques pour certains. Par exemple votre phrase « contentez-vous du minimum et investissez le superflu dans l’immobilier » est très juste en théorie, mais ne reflète pas la réalité. Comment peut-on investir dans l’immobilier et vivre avec le minimum ? Où places-tu le minimum? Ceux que je connais et qui vivent avec ce minimum peinent un peu à boucler leurs fins de mois.
    La réalité pour beaucoup n’est pas vraiment le cas. Je souhaiterais que tu m’éclaires à ce sujet si possible. les échelles de valeurs ne sont pas les mêmes pour tout le monde…
    Merci

    1. Avatar de Adrien
      Adrien

      Je trouve que vous avez répondu vous-même à la question en disant que les échelles de valeurs ne sont pas les mêmes pour tout le monde. Bien sûr il est difficile, peut-être même indécent de dire à quelqu’un qui vit du revenu de solidarité active de se contenter du minimum. Mais pour beaucoup d’entre-nous, nous accumulons des dépenses que je ne qualifierai pas d’inutiles, mais qui peuvent être évitées sans altérer notre qualité de vie. Acheter une voiture à crédit quand on vit dans un endroit desservi par les transports en commun, vouloir une maison quand on a un appartement, partir en vacances à l’hôtel alors que l’on peut se loger chez des proches, tout cela peut certes procurer du plaisir, mais coûte de l’argent et donc des heures de travail.
      Sur les investissements, j’aurais dû prendre d’autres exemples que l’immobilier (je ne suis pas un spécialiste des placements financiers). L’idée était de dire qu’en ayant une vie plus simple et moins chère à salaire égal, on pourra mettre de côté cet argent que l’on ne dépense pas et l’investir dans des placements qui rapporteront et permettront de travailler moins. Une autre possibilité est de garder cet argent de côté pour se garantir des périodes sans travail. J’ai connu par exemple des personnes payées au SMIC qui ont décidé de retourner chez leurs parents plusieurs mois ou années pour ne pas avoir à payer de loyer et mettre cet argent de côté pour partir faire le tour du monde sans travailler pendant un an. Mais certaines personnes ne trouveraient pas digne de ne plus avoir de logement rien qu’à elles. « Vivre dignement », c’est une notion très personnelle.

      1. Avatar de Pierre
        Pierre

        Effectivement, tout est possible. Je vois que tout tourne autour d’une aisance, une liberté liée au pouvoir. Une vision juste, mais incomplète, car superficielle, la vie étant plus essentielle que cela…

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