Une hésitation n’est pas toujours un obstacle

hesitationL’hésitation est à la fois sagesse et lâcheté, une force et un handicap.

Nous hésitons tous à longueur de journée. C’est d’ailleurs très sain.

C’est la preuve que nous avons la capacité de réfléchir et de prendre des décisions sensées.

Mais pour certains, l’hésitation devient un vrai cauchemar !

L’hésitation est le privilège des hommes libres

Hésiter, c’est avant tout avoir le choix.

Il n’y a guère qu’en dictature que l’on n’est pas soumis au doute, et que l’on sait ce qu’on doit faire, de quelle manière et pour quelles raisons, sans se poser la moindre question.

La démocratie implique de faire des choix.

Celui de voter bien entendu, mais aussi celui de son orientation professionnelle, de sa carrière, de son cadre de vie, de sa structure familiale ou même de l’endroit où l’on veut vivre.

Tous ces choix impliquent de prendre des décisions éthiques, économiques, physiques, sentimentales qui impacteront positivement ou négativement notre existence et celles de nos proches.

Ces résolutions sont parfois difficiles à prendre, mais ils sont le prix à payer pour notre liberté.

L’hésitation décèle une grande sagesse

Si vous avez du mal à vous déterminer, c’est que vous vous posez des questions, que vous réfléchissez.

Comme le disait en son temps l’écrivain hongrois Ferenc Molnàr, « quiconque hésite est déjà un être moral ».

L’indécision met en évidence un discernement, une pénétration, et une évaluation approfondie d’une situation dans sa complexité.

Ne jamais être soumis à une incertitude, c’est en quelque sorte être incapable de tout jugement moral, impropre à peser le pour et le contre dans un contexte donné, et incompétent pour prendre des décisions raisonnées et réfléchies.

L’hésitation, comme le doute, est donc très saine.

Ils sont tous deux des mécanismes essentiels à notre vie sociale et même à notre survie.

Vivre constamment dans l’instant présent, en suivant ses pulsions ou en faisant « comme tout le monde », sans jamais se poser des questions sur les conséquences de ses actes peut se révéler au mieux mal adapté à la vie en société, au pire dangereux.

Quand l’hésitation devient un handicap

Si pour certains, le luxe de choisir est synonyme de liberté, d’autres trouvent cela profondément angoissant.

Faire preuve d’hésitation est, certes, sain, mais trop hésiter peut devenir un véritable écueil, lorsque cela vous mène à ne plus prendre de décision, de peur de jeter son dévolu sur la mauvaise option, et par suite de toujours repousser au lendemain les choix importants.

Ce genre d’attitude tient de l’obsession, d’une perte excessive de confiance en soi.

Il n’est pas simple de s’en défaire tant le doute est ancré profondément. Mais rien n’est impossible.

Si certains sautent le pas et se lancent dans une thérapie (notamment cognitivo-comportementale) pour tenter de diminuer cet effroi qui les paralyse, d’autres reprennent subitement confiance en eux à l’occasion d’un changement d’environnement, par exemple en commençant un nouveau travail, ou en se fixant des objectifs audacieux, ou en mettant au monde un enfant, ou en déménageant…

Tous ces grands changements nous font généralement considérer notre destinée de manière différente et nous obligent à faire des choix.

Faire des choix, c’est forcément se tromper

Faire preuve d’une hésitation excessive ne signifie pas que l’on fasse de meilleurs choix.

Tout d’abord parce que dans de maintes situations, il n’y a ni bon ni mauvais choix (c’est d’ailleurs pour cela que certains hésitent tant), mais aussi parce que personne ne peut lire dans l’avenir et que, malgré les choix que nous faisons, nous devrons toujours accorder un minimum de confiance au hasard.

Lorsque l’on se choisit une orientation professionnelle par exemple, il est difficile d’anticiper les bouleversements technologiques, sociologiques ou même juridiques qui pourraient transformer radicalement le marché du travail.

En revanche, une hésitation trop intense rend nos choix plus solennels, nos attentes plus importantes et notre désarroi plus fort lorsque tout ne se passe pas comme prévu.

Les personnes qui hésitent beaucoup ont souvent une grande crainte de l’avenir, de l’impact qu’auront leurs décisions sur les autres et sur leur propre vie.

Leur problème n’est pas tant de ne pas être capables de prendre des résolutions, mais plutôt de vouloir en permanence vivre dans le contrôle sans y parvenir complètement.

L’hésitation nous empêche d’avancer

Les plus grands créateurs qu’ils soient entrepreneurs, artistes ou autres partagent tous un point commun : ils savent prendre des décisions.

Cela ne veut pas dire qu’ils prennent de meilleures décisions que les autres. C’est juste qu’ils ont moins peur de l’échec.

La plupart des grands artistes se sont fait connaître très tard, après avoir subi de revers innombrables.

Les entrepreneurs à succès ont bien souvent essuyé de multiples défaites avant de connaître la réussite.

Certains d’entre eux ont enduré la banqueroute et la misère.

Leur force n’est pas d’avoir pris de meilleures décisions que les autres, mais de lutter contre leurs doutes pour mieux rebondir et d’essayer de nouvelles choses jusqu’à trouver la bonne idée.

Le plus grand des créateurs ne fera jamais rien s’il n’est pas capable de prendre une décision !

Agir pour faire taire une hésitation

Si une hésitation est généralement saine, elle devient néfaste dès lors que vous entrez dans une phase de stagnation, que vous avez déjà pesé le pour et le contre, que vous n’apprenez plus rien de nouveau et que vous n’êtes pas capable de transformer votre réflexion en décision.

S’il est difficile de lutter contre une hésitation, il est toutefois possible d’en faire une force.

Utilisez votre doute pour vous informer et vous instruire.

Si par exemple vous hésitez entre deux projets de formation, ne restez pas dans votre lit à ruminer.

Partez rencontrer des professionnels, renseignez-vous plus encore sur les potentialités d’évolution, sur les avantages et les inconvénients de chaque métier.

Soyez dans l’action plutôt que dans la lamentation.

Vous ferez ainsi de vos doutes des moteurs plutôt que des freins.

Enfin, une hésitation peut être extrêmement chronophage.

Pour éviter de perdre votre temps à réfléchir indéfiniment, fixez-vous des échéances précises et forcez-vous à les respecter, quitte à prendre certaines décisions au hasard.

Prendre un mauvais choix est parfois meilleur que demeurer dans l’indécision.


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Commentaires

2 réponses à “Une hésitation n’est pas toujours un obstacle”

  1. Avatar de Agence Mit

    très bon article ! « Leur force n’est pas d’avoir pris de meilleures décisions que les autres, mais de lutter contre leurs doutes », j’ai vraiment aimé cette phrase. Merci beaucoup pour votre effort. J’espère qu’il existe des autres sujets qui ressemble à celui-là.

  2. Avatar de Charlotte VALLET

    Bonjour,

    En tant qu’artiste je me retrouve parfaitement dans cet article. Les philosophes ont tendance a dire qu’il est du propre de l’artiste de douter de lui regulierement. Et ca ne m’est arrive pas plus tard qu’il y a quelques jours. Et c’est vrai que dans ce genre de moments, le doute, la remise en question, arrive quand on stagne, quand on a la sensation de ne plus progresser. Ce doute arrive comme un signal d’alarme qu’il est tant d’entrer en action et de sortir de sa zone de confort, de se remettre dans une dynamique d’apprentissage et de pratique.
    J’ai cette intime conviction que l’etre humain est un etre creatif, qui dans le fond a besoin de curiosite et d’apprendre tout au long de sa vie, pour progresser et avancer, car sinon il se laisse mourir, laisse son immense potentiel endormi. Ce n’est pas pour rien que les gens souffrent plus du Bore-out que du Burn-out, car dans le fond, l’ennui, la stagnation, ca va bien deux minutes. On a besoin de challenge, pour avant tout se prouver a soi-meme qu’on est capable de grandes choses, qu’on est toujours dans le coup, et se donner confiance 🙂

    Super article en tout cas!

    Cordialement,

    – Charlotte

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