Rumination mentale : l’autoflagellation du 21ème siècle

Hamster Courant sur rouesSe prendre la tête, passer des heures à ressasser un quelconque souci, concevoir tous les scénarios pensables et imaginables à propos de ce même souci… Et se retrouver avec une tonne de préoccupations qui valsent dans sa tête.

La rumination mentale n’a rien de bon pour nous !

Quand une pensée, une idée, reviennent trop souvent dans notre esprit, quand elles prennent trop de place, nous empêchent de penser à autre chose, et prennent de notre temps et énergie.

Elles sont ce qu’on appelle aujourd’hui, des ruminations mentales, un vrai poison pour notre bien-être, et une source d’ondes négatives voire un handicap !

Ces pensées répétitives jusqu’à l’étouffement, rongent le quotidien et plongent la personne dans une sorte de spirale émotionnelle, très difficile à fuir.

Que cela soit à cause d’un petit ou grand problème, nos propres pensées en viennent à nous faire souffrir au-delà même du problème auquel nous sommes confrontés.

En d’autres termes, nous adhérons à nos pensées comme à des certitudes.

Les ruminations mentales font souvent irruption après un choc émotionnel. Elles hantent l’esprit pendant des jours, des mois, voire des années.

Pourtant, ces idées noires peuvent survenir chez chacun d’entre nous et s’estomper en quelques jours, mais elles semblent prendre leur aise et s’installer cher les personnes qui viennent de subir un choc émotionnel, qui sont dépressives ou qui souffrent d’un trouble obsessionnel compulsif.

Calmer le « Hamster » en nous !

Le Hamster, c’est cette partie de nous, constamment affolée, qui n’arrête pas de cogiter, réfléchir, se faire des scénarios, paniquer. C’est notre cerveau !

L’origine de cette appellation, ô combien juste, revient au médecin spécialiste en santé communautaire et consultant dans le domaine de la santé mentale, Serge Marquis qui dit que « Nous avons tous un hamster dans notre tête. Un petit rongeur invisible qui monopolise toute notre attention et qui, en une fraction de seconde, se met à courir dans sa roue, jusqu’à nous faire perdre la tête ! Ce petit hamster pensouille beaucoup, mais il pense très peu. Il blâme, critique et s’inquiète, mais il est incapable d’émettre des pensées claires et utiles qui l’aideraient à passer à l’action. »

Le hamster, ou plutôt cette appellation n’est autre qu’une métaphore de notre ego, qui se sent menacé quand il croit qu’on lui manque de respect, qu’on ne l’aime pas ou qu’il est ridiculisé.

Stopper ou mettre fin aux ruminations mentales très toxiques, consiste d’abord à identifier le hamster en nous, à le localiser pour pouvoir enfin le chasser, ou du moins l’empêcher de ronger nos vies.

L’idéal est d’intégrer à notre quotidien différentes pratiques pour renforcer l’adaptabilité de notre système nerveux face au stress, en pratiquant la méditation par exemple ou en se focalisant sur des choses beaucoup moins dépressives.

S’occuper, et occuper son cerveau dans des exercices moins « lugubres » et surtout moins compliqués à vivre vous aidera à devenir plus paisible.

En gros, il ne s’agit pas vraiment de chasser le rongeur en nous, car il existe en chacun de nous et fait partie de notre vie… Mais l’apprivoiser, le calmer et lui donner d’autres choses à décortiquer.

Il ne devrait pas se nourrir de nos peurs uniquement, car il permet de les rendre encore plus présentes, plus étouffantes et plus « graves ».

Premier pas… Le plus difficile !

Il est question de savoir reconnaitre notre voix ruminante, l’identifier en développant une conscience vigilante de nos propres pensées !

Cette étape, bien qu’elle soit très lourde émotionnellement, nous permet de prendre conscience que notre attention est accaparée par nos ruminations.

Imaginez ce hamster qui tourne en rond depuis des semaines, mois, dans la même petite cage, sans issues et sans espoir d’en sortir.

Il roule donc dans cette roulette, mythique symbole de l’emprisonnement et de la dépendance.

Il s’agit alors de bloquer cette roulette ou bien la faire rouler tellement vite qu’elle ne supporte plus même le poids d’un petit hamster.

Si notre colère, notre peine ou notre inquiétude est trop grande, on prend une feuille et on note tout ce qui nous passe par la tête, sans retenue. On fait courir notre hamster jusqu’à l’épuisement !

Il faut savoir ramener son cerveau vers l’instant présent, le priver de sa vue sur nos actions passées…

Relativiser avec cette réalité augmentée.

La rumination mentale est indicatrice d’un problème à régler, elle est naturellement associée à tout un tas d’émotions qui génèrent des réactions pénibles et dont l’excès nous mène droit au stress.

Et l’excès vient de la passivité face à une situation que nous jugeons grave et irréparable.

Sauvez sa peau… Une urgence.

Les expressions du genre « si j’avais su », « j’aurais dû m’y prendre autrement », « je n’aurais pas dû dire, ou faire… » n’ont jamais rien eu de productif, elles ne font que polluer notre âme et notre esprit.

Il est vital pour nous de savoir, et d’avoir le courage de prendre du recul sur nous-mêmes et nos actions.

Pour cela, il faut réaliser qu’une autoflagellation de ce genre cause très souvent une dépression assez sérieuse et que cette dépression nous induit souvent en erreur.

En d’autres termes, cette dépression nous empêche d’y voir plus clair, de considérer le fait que nous pouvons nous en sortir, que ces pensées n’incarnent en aucun cas la réalité, notre réalité.

Les personnes qui ne ressassent pas et qui ne s’en veulent pas pour toutes les difficultés et tous les problèmes auxquels ils font face, sont beaucoup moins menacées par la dépression… Même si elles viennent de vivre un traumatisme ou un choc émotionnel.

Il est bien évidemment très conseillé de consulter un psychologue, afin d’avoir les idées plus claires et de réaliser l’impact de la rumination mentale sur notre santé, mais rien n’empêche de procéder à une cure salvatrice, sans se ruiner.

La sophrologie, la méditation, le yoga, le sport, le voyage, la musique sont souvent indiqués en tant que thérapies pour soigner ce mal qui ronge de l’intérieur et dont les méfaits se font de plus en plus lourds sur notre vie.

Mais attention, si la rumination mentale a déjà causé des maux tels que la dépression, des comportements obsessionnels compulsifs, des troubles alimentaires comme la boulimie ou l’anorexie, il devient évident qu’une consultation chez un spécialiste s’impose.

Alors, on se reprend en main et on arrête de se marteler l’esprit à coup de questions.


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