Apprendre à se pardonner pour ne pas baser sa vie sur les regrets

tolérance personnelleAh la tolérance… Un bien grand mot derrière lequel se cache une capacité à infléchir sa volonté d’atteindre la perfection.

Qualité parfois difficile à exprimer envers les acteurs de notre propre sphère sociale, elle l’est encore plus vis-à-vis de nous-même.

Bilan, il est parfois difficile de se pardonner.

Pourquoi ? Car on espère toujours secrètement obtenir plus, avoir de meilleurs résultats et ce, quelle que soit la situation.

Chaque individu possède cette petite voix qui sommeille en lui et qui lui dit qu’il peut sans cesse mieux faire, aller plus loin.

Mais faut-il écouter ce petit démon cornu ? Ou savoir se satisfaire du chemin déjà parcouru et s’autoriser la compassion ? Se pardonner, est-ce un crime ?

Nombreuses sont les personnes qui se fixent des objectifs quasi irréalisables, prétextant y puiser motivation et détermination à aller de l’avant.

Je prône au contraire, l’autosatisfaction et la prise en compte de l’environnement dans lequel j’évolue pour analyser objectivement mon potentiel.

Bref, je vais vous expliquer pourquoi vous ne devez pas être trop dur(e) avec vous-même et comment le fait de savoir se pardonner peut améliorer votre quotidien, drastiquement.

1. Savoir se pardonner : une remise en cause de la pression

Si attendre toujours plus (trop ?) de vous-même peut effectivement avoir un effet positif sur votre motivation et votre capacité à atteindre vos objectifs aussi bien professionnels que personnels, cela impacte aussi radicalement votre confiance en vous.

Une personne adoptant un tel fonctionnement ne peut en effet jamais se satisfaire des retombées obtenues, même si ces dernières sont admises comme remarquables.

Le bonheur lié à la performance et à l’atteinte d’objectifs disparaît peu à peu, pour laisser place à la frustration et à l’impression de ne pas réellement être à la hauteur.

Trop de pression tue le plaisir de l’accomplissement, provoque de la rigueur et empêche l’individu de se pardonner ses échecs.

C’est un des effets pervers du phénomène décrit ci-dessus : plus vous exigez de vous-même, moins vous pourrez vous épanouir face à l’adversité, vous poussant inexorablement vers la médiocrité du fait du manque d’estime personnelle ainsi développé.

Votre capacité à vous concentrer sur votre travail diminuera sensiblement au point de devenir ce que vous méprisez le plus : un adepte de l’autosuffisance (bien différente de l’autosatisfaction, qui elle découle de la réalisation matérielle d’un de vos objectifs).

La capacité à se pardonner permet quant à elle de remettre en cause cette évolution négative en se focalisant non pas sur les résultats escomptés mais sur le processus de leur réalisation.

2. L’aptitude à se pardonner est avant tout un état d’esprit

La tolérance personnelle est une disposition psychologique, elle requiert donc une remise en question profonde de vos standards personnels.

Commencez donc par vous demandez d’où vous vient cette tendance à être aussi exigeant(e) envers vous-même. Est-ce dû à votre climat familial ? À la pression liée à votre emploi ?

Quelle que soit la réponse, vous ne pouvez pas laisser votre environnement influencer votre estime personnelle.

Nous vivons dans le monde réel, vous n’êtes pas un héros de sitcom ou de bande dessinée. Les espoirs que vous fondez sur vos capacités doivent être réalistes.

L’injustice est une règle, nous n’obtenons pas toujours ce que nous méritons. Il faut savoir le reconnaître et se pardonner notre incapacité à atteindre la perfection.

Pourquoi alors s’obstiner à penser le contraire ? Gardez à l’esprit que l’échec n’est rien d’autre qu’une des facettes de votre apprentissage et qu’il ne remet pas nécessairement votre potentiel en cause. Après tout, nous apprenons plus de nos erreurs que de nos succès.

Il est donc concevable de prendre en compte ces erreurs de parcours et de les intégrer dans une réflexion plus large, permettant d’évoluer face à la diversité des situations rencontrées.

3. Se pardonner en sachant se récompenser

Lorsque vous faites face à un challenge, vous ne pouvez pas vous concentrer sur l’obligation de résultat, ou de performance.

L’atteinte d’un objectif personnel, quel qu’il soit, repose sur un processus complexe décomposé en plusieurs étapes.

En ce qui me concerne par exemple, la rédaction d’un article nécessite d’abord une recherche d’informations, une classification de ces dernières, une analyse de leur pertinence vis-à-vis du sujet puis une mise en forme du rendu final.

Ainsi, trouver un sujet intéressant et les informations cohérentes pour le rendre concret représente déjà en soi un premier pas vers la finalisation.

Premier pas dont je me satisfais pour un temps, en m’accordant une « récompense » sous la forme de pause par exemple, avant d’embrayer sur la rédaction le lendemain.

Certes je « pourrais » ne pas m’arrêter, car mon objectif final de publication n’est pas atteint.

Mais cela m’empêcherais d’analyser correctement l’impact du travail réalisé jusqu’alors, me rendant bien moins efficace et aveugle face à mon besoin de tolérance personnelle.

Se pardonner ces petits moments de laisser-aller, n’est donc pas néfaste, bien au contraire !

Ce que vous devez vous allouer, c’est cette possibilité de ne pas trop en faire, de vous contenter d’être déjà sur la bonne route.

N’hésitez pas à vous récompenser de manière matérielle : offrez-vous un bon petit plat au restaurant après une dure journée de labeur, achetez-vous quelque chose qui vous ferait plaisir…

Tout ce qui pourrait briser la monotonie liée à un état d’esprit trop compétitif et avide de réalisation.

4. Se pardonner en analysant son parcours personnel

Pour ne pas sombrer dans la perpétuelle remise en question de vos qualités, il est vital de tirer profit de chaque obstacle que vous rencontrez.

Que cela rende votre tâche plus difficile, plus longue ou plus rébarbative, dites-vous que le fait de faire face à des situations problématiques vous fait grandir. Se pardonner, c’est aussi reconnaître le challenge, l’intégrer comme motivation personnelle.

Ne soyez pas trop dur avec vous-même parce que vous avez commis une erreur ou avez été moins productif.

Cela fait partie du jeu et doit au contraire, vous permettre d’accorder encore plus d’importance à ce que vous avez effectivement réussi à accomplir.

Plutôt que de vous lamenter il vous faut rechercher l’objectivité de telles situations. Demandez-vous ce que vous pouvez apprendre de l’obstacle se présentant à vous, et comment vous pourrez intégrer sa résolution dans vos raisonnements futurs afin de prévenir son apparition.

Cela vous permettra de développer une faculté d’adaptation plus importante et de trouver de nouvelles sources de satisfaction.

En résumé, la capacité à se pardonner c’est ce raisonnement qui vous permet de reconnaître la qualité et l’importance du travail réalisé avant même que ce dernier ne soit finalisé ou ne porte ses fruits.

Le temps est certes une richesse dont tout le monde manque, mais votre épanouissement personnel passe par votre aptitude à reconnaître votre valeur intrinsèque et à considérer vos progrès comme des réussites en soi.

N’exigez pas trop de vous, vous n’êtes pas une machine. N’oubliez jamais que la perfection n’est pas de ce monde et que d’essayer de s’en rapprocher suffit amplement à atteindre l’épanouissement personnel.

Alors répétez après moi : il est temps de se pardonner ses manquements et ses erreurs, car après tout, nous ne sommes qu’humains !


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Commentaires

6 réponses à “Apprendre à se pardonner pour ne pas baser sa vie sur les regrets”

  1. Avatar de Marina
    Marina

    Ah mais j’adore!

    Tout à fait vrai! Mon truc à moi?

    Partir du principe qu’il n’y a pas de mauvaises expériences, mais juste des expériences qui nous aident à grandir et à nous rapprocher de ce qui nous correspond « vraiment » !

    Cela nous rend beaucoup plus tolérants envers nous-mêmes, l’apprentissage de soi est très grisant! 🙂

    1. Avatar de Jean-Baptiste
      Jean-Baptiste

      Effectivement, nos expériences nous permettent de façonner nos valeurs et notre personnalité ! Se découvrir est très enrichissant, à condition de faire preuve de tolérance personnelle !

  2. Avatar de Chantal
    Chantal

    Bonjour,

    De nature très exigeante envers moi-même, j’ai également la sagesse de savoir quand je dépasse les bornes et cette sagesse prend sa source dans une solide introspection rendue nécessaire par ma tendance à l’exagération ! Je suis une extrémiste qui se sait extrémiste donc, je me parle !

    Je ne suis pas aussi exigeante envers autrui en ce sens que je ne demande pas aux autres de faire plus que ce qu’ils sont raisonnablement en mesure de faire.

    D’entrée de jeu, quand je me fixe un objectif peu réalisable, je ne me morfonds JAMAIS si j’échoue et je me réjouis secrètement si je réussis ! L’inverse est également vrai, si j’échoue quelque chose que je devrais normalement réussir, je DOIS nécessairement comprendre ce qui s’est passé, pourquoi j’ai foiré, afin d’éviter de reproduire le comportement. Pour moi, COMPRENDRE est fondamental. Comprendre me permet d’évoluer, de m’améliorer, de m’ajuster, de devenir meilleur, et ce, dans toutes les sphères de la vie.

    Dans la victoire, il faut savoir rester humble et faire preuve d’humilité… tout comme dans la défaite !

    Morale, je fais toujours la part des choses quand les attentes proviennent des autres, mais aussi de moi ! Je n’accepte que très rarement le transfert du singe… surtout quand on me le lance en pleine figure.

    Cordialement, UNE Québécoise

    1. Avatar de Jean-Baptiste
      Jean-Baptiste

      Une bien belle démonstration de sagesse, Chantal.

      Merci beaucoup pour ta participation !

      Au plaisir de te lire.

  3. Avatar de frambourg jean francois
    frambourg jean francois

    J’ai fait des erreurs graves et moralement inacceptables. Maintenant, j’en souffre depuis 4 ans.

    Mes erreurs m’ont conduit à tout perdre (travail, maison, famille) et j’ai beaucoup de mal à me pardonner…

    J’avance malgré tout. Je travaille, je ris et je donne l’impression d’être heureux parce que je ne veux pas que l’on sache à quel point je suis malheureux…

    1. Avatar de Jean-Baptiste
      Jean-Baptiste

      Bonjour Jean-Francois.

      Comme je vous le disais dans un autre commentaire, cela est tout à fait compréhensible. Cependant, le passé reste le passé et s’il a des conséquences sur le présent, cela ne signifie pas qu’on ne puisse rien faire pour faire évoluer la situation à l’avenir.

      Se concentrer sur ce qui a été, c’est s’empêcher d’évoluer. Je suis certain qu’en 4 ans déjà, votre réflexion s’est étoffée et que vous avez pris en maturité.

      Pourquoi se fustiger pour quelque chose que vous avez fait alors que vous étiez différent et que vous semblez avoir assumé ? C’est sans doute la question à se poser…

      De tout coeur avec vous,

      Amicalement,

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